Foire aux questions (FAQ)

Cette FAQ a vocation à intégrer toute question relative au ZAN qui n’est pas déjà traitée dans un des 4 fascicules.

Mise à jour : janvier 2026.
 

SommaireSommaire

 

Définir et observer

 

Définir la consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers (ENAF) 

Définition légale de la consommation d’ENAF

Qu’est-ce que la consommation d’ENAF au sens légal du terme ?

L’article 194 de la loi Climat et Résilience définit la consommation d'espaces naturels, agricoles ou forestiers comme "la création ou l’extension effective d’espaces urbanisés sur le territoire concerné". Il s'agit donc de la conversion d'espaces naturels, agricoles ou forestiers en espaces urbanisés.
Pour plus d’information, voir à partir de la page 11 du Fascicule 1 « Définir et observer la consommation d’espaces naturels agricoles et forestiers et l’artificialisation des sols ».

 

Cas particuliers

Pourquoi la DGALN ne publie-t-elle pas une liste d’objets, infrastructures, types de surfaces en indiquant leur classement en espaces urbanisés ou en ENAF ?

Contrairement à l'artificialisation nette des sols (article R. 101-1 du code de l’urbanisme), la notion de consommation d'ENAF ne correspond pas à une nomenclature précise, et est définie, par opposition à des espaces urbanisés : "la consommation des espaces naturels, agricoles et forestiers est entendue comme la création ou l'extension effective d'espaces urbanisés sur le territoire concerné".

Ces espaces urbanisés ne correspondent pas non plus à une nomenclature. Ils sont identifiables par un faisceau d'indices rappelés dans le fascicule ZAN n°1, p. 11.

Sur la définition et la mesure de la consommation d'ENAF, il faut distinguer :

  • les rapports méthodologiques du CEREMA, qui ont pour objectif d'expliciter la méthode de production des données statistiques nationales de consommation d'ENAF par les fichiers fonciers, y compris les biais et les limites de cette source de données d’origine fiscale;
  • la doctrine pour définir ce qui constitue une consommation d'ENAF, découlant de la définition 
    légale de la consommation d'ENAF, et du faisceau d'indices jurisprudentiel caractérisant les espaces urbanisés (cf. fascicule 1).
     

 

Mesurer la consommation des ENAF à partir des Fichiers Fonciers

Processus de production des données de consommation ENAF avec les fichiers fonciers

Qu’est ce qui est considéré comme espace urbanisé et comme espace NAF dans les fichiers fonciers?

Le calcul de consommation d’espaces se base sur les fichiers fonciers, eux même issus des applications gérant les taxes foncières (MAJIC) fournis par l’administration fiscale. En effet, chaque parcelle possède un ou plusieurs usages des sols avec les surfillustration de la classificationaces de subdivision fiscales (SUF) associées. Le CEREMA reprend ces usages et les surfaces des subdivisions fiscales concernées pour classer ces surfaces en espaces urbanisés ou ENAF.

Des informations plus précises sur la convention de mesure sont disponibles ici

La mesure de la consommation d’espace est ainsi dépendante de la façon dont les fichiers fonciers classent les subdivisions fiscales des parcelles. Le CEREMA procède donc à des retraitements, notamment pour exclure de la consommation d’ENAF les carrières conformément à la doctrine nationale (cf. fascicule 1).

Comment les installations photovoltaïques sont-elles prises en compte dans la mesure de la consommation fournie par les fichiers fonciers?

Les parcelles contenant des installations photovoltaïques sont considérées comme des parcelles urbanisées dans les fichiers fonciers. Les collectivités ont la possibilité de les déduire de leur consommation d’ENAF dans le cadre de leurs documents de planification et d’urbanisme, conformément au décret n° 2023-1408 du 29 décembre 2023 définissant les modalités de prise en compte des installations de production d'énergie photovoltaïque au sol dans le calcul de la consommation d'espace au titre du 6° du III de l'article 194 de la loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets.

Les traitements sur les fichiers fonciers retranchent ils les surfaces renaturées?

Les fichiers fonciers calculent les flux de consommation d'espaces sans retrancher la "renaturation". Les collectivités territoriales ont la possibilité de déduire la renaturation conformément à l’article 194 de la loi Climat et résilience modifié par la loi du 20 juillet 2023.

Est-ce que les ENAF inclus dans l’enveloppe urbaine sont comptabilisés par les fichiers fonciers dans le calcul de la consommation?

Oui. Tous les changements d’occupation des subdivisions fiscales (il peut y avoir plusieurs subdivisions fiscales dans une parcelle) d’espaces NAF vers espace urbanisé sont comptabilisés, quel que soit leur emplacement. Il n’existe pas de définition de l’enveloppe urbaine dans les fichiers fonciers.
La densification du bâti sur des parcelles déjà totalement urbanisées et le renouvellement urbain (démolition/reconstruction sur une parcelle déjà totalement urbanisée) ne sont pas comptabilisés comme de la consommation ENAF dans les fichiers fonciers.

Comment les infrastructures routières sont-elles prises en compte dans la mesure de la consommation fournie par les fichiers fonciers?

Les chiffres relatifs à la consommation d'ENAF publiés sur le portail national de l’artificialisation intègrent, depuis l'origine, la consommation liée aux infrastructures ferroviaires et routières. Toutefois, cette consommation n'était pas avant 2023 comptabilisée séparément mais intégrée dans les postes existants (habitat, activité, mixte, inconnu). Depuis 2023, la ventilation des données de consommation d’espaces selon leur usage se fait entre 6 postes (ferroviaire, routier, habitat, activité, mixte, inconnu) et non plus uniquement entre 4 postes (habitat, activité, mixte et inconnu). 

A noter que cette nouvelle ventilation, et les chiffres liés aux infrastructures doivent cependant être interprétés avec prudence : la consommation d’ENAF est calculée uniquement sur l’espace cadastré, ce qui peut sous-évaluer la surface concernée. De plus, il s’agit uniquement de la consommation liée à l’infrastructure elle-même : les espaces nécessaires à son fonctionnement (gares, transformateurs, bassins de rétention, parkings…) ne seront pas comptabilisés dans ce total. La méthode est décrite page 21 du rapport méthodologique publié par le CEREMA.  

Les infrastructures routières sont prises en compte dans les fichiers fonciers uniquement pour préciser la destination de l’urbanisation lorsqu’une parcelle ENAF est urbanisée. La source est le dernier millésime disponible de la BD Topo V3 (routes et voies ferrées).

Les routes et voies ferrées sont représentées sous forme de lignes. Un tampon est appliqué sur chaque ligne: + 4 m autour de la ligne pour les routes, + 30 m autour des LGV, + 6 m x le nombre de voies pour les autres voies ferrées. Les parcelles consommées dont plus de 45 % de la surface est intersectée par une route sont classées en usage routier, et les parcelles à plus de 30% par une voie ferrée sont classés en « fer ».
 

 

Diffusion des résultats

A quelle fréquence les données de consommation d’espaces sont-elles diffusées?

Les données sont diffusées annuellement, avant la fin du 2e trimestre de l’année (ex : juin 2023 pour les données 2009-2022). Les délais peuvent évoluer selon les années, car la production des données dépend de plusieurs facteurs amont (notamment de la disponibilité des données fiscales, et de la production des fichiers fonciers).

Quelle est la fraîcheur des données par rapport au terrain?

La fraîcheur est de l’ordre de 16 à 18 mois après la date de validité des données foncières dites « Mise à Jour des Informations Cadastrales (MAJIC) » fournies par la direction générale des finances publiques (DGFiP).

Les données sont-elles accessibles à l’échelle parcellaire ?

Les données de consommation d'ENAF (flux), d'une année à l'autre, ne sont pas diffusées à l'échelle parcellaire. Elles sont diffusées sur le portail national de l’artificialisation à l'échelle de la commune ou par carreaux de 1 km x 1 km.

Le CEREMA met à disposition gratuitement sur demande aux ayants droits (voir la procédure) les fichiers fonciers à l’échelle parcellaire contenant la caractérisation des parcelles cadastrées en "espaces urbanisés" ou en "ENAF" au 1er janvier de l'année concernée (ex: 1er janvier 2022) ainsi que des informations sur la présence de bâti, le type de propriétaire, etc...

Où trouve-t-on les métadonnées ? plus particulièrement, quelle est la projection utilisée pour le fichier shape en téléchargement ?

Les données sont proposées en téléchargement direct, au format Shape et avec la projection légale (Lambert-93 hors DROM, projections locales pour les DROM). Le descriptif des données est accessible ici (dossier « données nationales conso espaces »).

Quelle information relative aux fichiers fonciers est accessible via Urbansimul?

Urbansimul présente gratuitement aux ayants-droits des fichiers fonciers quelques données de caractérisation des unités foncières (ensembles de parcelles contiguës appartenant à un même propriétaire), dont le classement en espaces urbanisés / ENAF, à partir du dernier millésime des fichiers fonciers.

Une analyse du phénomène de consommation d’espaces est-t-elle réalisée?

Outre la mise à disposition des données et des outils de visualisation, le CEREMA réalise régulièrement un rapport d'analyse sur les déterminants de la consommation d’espaces. Les nombreux indicateurs produits dans le cadre de ce travail sont également diffusés en open data.

De plus, des analyses ponctuelles (densité des opérations, rapport entre consommation d’espaces et planification…) sont produites et publiées sur le portail national de l’artificialisation

 

Limites et précautions

Les données contiennent-elles le stock des surfaces considérées comme des « espaces urbanisés » d’une commune?

Pour des questions de robustesse méthodologique, il a été choisi de faire figurer uniquement des données de flux (nouvelle consommation d’espaces entre deux années) à partir des fichiers fonciers, et non les données de stock à un instant t. En revanche, des données de stock seront produites en 2026 à partir de l’occupation des sols à grande échelle (OCSGE).

Dans le fichier détaillé en .csv proposé en téléchargement, les données 2009-2010 sont égales aux données 2010-2011. Pourquoi?

Pour calculer la consommation d’espaces, le CEREMA utilise les millésimes des fichiers fonciers depuis le 1er janvier 2009. Le millésime 2010 n’est pas disponible. Pour arriver à comparer les périodes, le CEREMA a donc divisé par deux la période 2009-2011, en la répartissant équitablement entre les périodes 2009-2010 et 2010-2011. Ainsi, si les autres périodes sont bien des chiffres annuels, les périodes 2009-2010 et 2010-2011 sont interpolées à partir de la période 2009-2011.

Rappel : la décennie de référence de la loi Climat et Résilience commence au 1er janvier 2011
 

Pourquoi les résultats de données de consommation d’espaces issus des fichiers fonciers des années antérieures changent ils chaque année?

Chaque année, le CEREMA améliore la méthodologie de création des données suite aux retours des utilisateurs. Les traitements améliorés sont appliqués à toute la série de données depuis 2009 pour conserver une homogénéité dans les résultats, mais cela change les résultats diffusés les années antérieures. Les données de la période 2009-2022 remplacent ainsi l’intégralité des données de la période 2009-2021 calculées l’année précédente.

Sauf cas particuliers, les changements concernent principalement la dernière année, avec l’intégration des annulations de projets. Par exemple, lors de la publication des chiffres au 1er janvier 2022 pour la période 2009-2021, les chiffres de l’année 2020 sont revus (et peuvent donc être différents de ceux présents dans la publication au premier janvier 2021 pour la période 2009-2020).

Afin de permettre un suivi de l’évolution de ces chiffres, les données historiques publiées les années précédentes sont conservés dans l’espace de téléchargement (dossier « données nationales conso espaces », sous-dossier « archive »).

 

Définir et mesurer l’artificialisation nette des sols à l’aide de l’OCS-GE

Pour plus d’information, voir à partir de la page 18 du Fascicule 1.

Définition et mesure de l’artificialisation

La notion d'artificialisation est définie à l’article L.101-2-1 du code de l’urbanisme.

Pour plus d’information, voir à partir de la page 18 du Fascicule 1.

Processus de production de l’OCS-GE

A partir de quelle source est produite l’OCSGE ?

L’OCSGE est principalement produite à partir de prises de vues aériennes (PVA) pour sa dimension occupation, et à partir de bases de données existantes pour sa dimension usage.

Quel est le calendrier de production de l’OCSGE ?

L’ensemble de la France (y compris les DROM : Guadeloupe, Martinique, Réunion, Mayotte, et Guyane en partie) est cartographié en deux millésimes M1 (2017-2020) et M2 (2021-2023) depuis septembre 2025.

Les données sont en cours d’actualisation avec la production d’un troisième millésime M3 2024-2026. La mise à jour est dépendante de la disponibilité de prise de vues aériennes récentes. L’unité de livraison est le département, et la programmation de la production se cale sur la disponibilité des ortho photos départementales.  Retrouvez le calendrier de production ici.

Quelles sont les différences entre l’OCS GE ancienne génération et l’OCS GE nouvelle génération?

L’OCS GE produite avant 2021 (OCS GE « ancienne génération ») était produite par photo-interprétation. Sa production était plus longue et plus coûteuse. La parution des données d’un département pouvait être décalée de 4 à 5 ans après la prise de vue aérienne (PVA). L’objectif avec   l’OCS GE « nouvelle génération » est de permettre aux utilisateurs de disposer d’une donnée plus fraîche, livrée rapidement après la PVA. Pour cela, des processus d’intelligence artificielle (IA) sont utilisés. Cela a permis de produire cette donnée à coûts maîtrisés et de couvrir rapidement la France entière, et ainsi d’avoir un référentiel commun au niveau national afin de répondre aux objectifs de la loi « Climat et Résilience ».

L’OCS GE « nouvelle génération » produite dans le cadre de l’observatoire national aura les mêmes spécifications et objectifs qualité que l’OCS GE socle « ancienne génération » produite jusqu’à présent, avec toutefois une distinction des usages 2 (production secondaire), 3 (production tertiaire) et 5 (usage résidentiel) en plus.
 

Comment sont produites les données de l’OCS GE avec le nouveau processus?

Les photos aériennes sont initialement traitées et classifiées par intelligence artificielle (Deep Learning ou apprentissage profond). Le résultat de la classification, appelée la « carte de chaleur », est ensuite vectorisé pour répondre aux spécifications de l’OCS GE. Les données des bases existantes (BD TOPO, RPG, fichiers fonciers, BD Forêt) sont ensuite intégrées pour compléter la couverture et l’usage. Les données ainsi traitées sont corrigées automatiquement et finalement photo-interprétées pour atteindre le niveau de qualité attendu pour l’OCS GE (95% d’exactitude au niveau 1 de la nomenclature).

Production d’une carte de chaleur des PVA par intelligence artificielle -> Vectorisation de la carte de chaleur -> Traitement Vecteur et intégration des BD pour la production d’un produit OCSGE automatique  -> Corrections complémentaires automatiques et photo-interprétation -> Produit OCSGE final.

Prise de vue aérienne

Carte de chaleur vectorisée

OCSGE automatique

Qu’est-ce que représente la carte de chaleur IA ?

La carte de chaleur ou « heatmap » issue du traitement automatique, dans le contexte de la production OCS GE, est un « raster » (ensemble de pixels) couvrant une surface donnée et contenant plusieurs « classes d’objet » (bandes). Chaque pixel contient une valeur entre 0 et 254 répartie sur l’ensemble des bandes. Si une bande (par ex : bâti) a une valeur de 254 alors le pixel accorde une probabilité de 100% pour que ça soit du bâti.

Les différentes classes sont-elles produites indépendamment les unes des autres ?

L’IGN produit chaque classe indépendamment. Le choix de privilégier telle ou telle classe en cas de recouvrement entre classes se fait dans un second temps, en fonction du score (probabilité) obtenu par chacune des classes identifiées sur le même pixel.

Comment savoir où il faut découper les polygones en cas de recouvrement entre deux classes ?

Le résultat de l’IA (issu d’une analyse des PVA, Images infrarouge, MNT, MNS...) attribue un score de 0 à 254 (probabilité) à chaque pixel. Plus le score est proche de 254, plus la probabilité du pixel d’appartenir à cette classe est forte. Un seuil est défini (127 pour les bandes bâti par exemple ) pour définir où découper les polygones.

Pour un pixel donné, l’IA prend-elle en compte l’information apportée par les pixels voisins ?

Oui, l’information portée par les pixels voisins est prise en compte. C’est le contexte. 

La taille des pixels de la carte de chaleur est-elle la même que celle des pixels de l’image utilisée pour produire la donnée ?

Oui, la résolution est de 20 cm.

Quels sont les traitements mis en œuvre pour passer de la carte de chaleur à la carte vectorisée ?

Il s’agit de traitements automatisés ou automatisables qui sont pour certains d’entre eux assez proches de ce qui était mis en œuvre dans le processus traditionnel pour intégrer les bases de données exogènes (comblement automatique des petites surfaces, lissage…).

Pour vectoriser les cartes de chaleur issues du traitement IA, un seuillage (127 pour la classe "bâtie" par exemple) par classe est appliqué afin de transformer ces dernières en images binaires où les pixels n’auront que 2 valeurs possibles ; chaque pixel de valeur inférieure à ce seuil est mis à 0 (hors de la classe « bâti » par exemple); les autres sont mis à 1 (dans la classe « bâti » par exemple).

Ces cartes sont dites de “prédiction” car elles sont obtenues à partir d’un modèle numérique d’IA qui estime statistiquement pour chaque pixel son appartenance à une classe, et peuvent ne pas refléter de manière exhaustive la réalité du terrain. Il existe des marges d’erreurs qui sont référencées pour chaque département et chaque classe.

Les données issues des processus d’intelligence artificielle (IA) sont-elles également mises à disposition?

L’IGN met à disposition les données issues de l’IA sous forme d’un produit appelé CoSIA que l’on peut retrouver ici. 

Les cartes CoSIA décrivent la couverture du sol selon 16 classes (bâtiment, surface d’eau, conifère, culture, broussaille...). Cette description du sol est produite pour tout le territoire français (métropole et DROM) et avec une haute résolution.

Les cartes CoSIA sont un produit de l’IGN qui intervient actuellement dans la conception de l'OCS GE. Leur résolution spatiale et leur finesse sémantique peuvent également aider dans la production d’autres cartographies et au calcul d’autres indicateurs comme la végétation en ville, les haies et bocages, les trames vertes et bleues ou encore intervenir dans la réalisation de Modes d'Occupation des Sols (MOS) locaux ou d’une base OCS-GE aux thématiques enrichies.
 

Le processus de production est-t-il public afin de permettre aux acteurs locaux de faire appel à des prestataires pour faire produire des millésimes complémentaires?

Toutes les informations nécessaires pour faire produire de l’OCS GE sont en ligne. Une description du processus de production est disponible sur le site des géo-services de l’IGN

 

Spécifications du produit OCSGE

Les spécifications du produit sont accessibles ici

Concernant la nomenclature « Couvertures » et « Usages », quelles seront les différences entre l’OCSGE produite de manière classique et l’OCSGE produite par le nouveau processus?

Il n’y a pas de différence en ce qui concerne la nomenclature socle (Couverture et Usage) entre les données OCSGE « ancienne génération » et les données OCSGE produites avec le nouveau processus (« nouvelle génération »). Toutefois, dans l’OCSGE « nouvelle génération », l’usage 235 Production Secondaire,Tertiaire et Usage résidentiel est redécoupé en usage 2 (production Secondaire), 3 (Production Tertiaire) et 5 (Usage résidentiel).

Quelle est la finesse d’analyse de l’OCSGE ?

La finesse d’analyse (granulométrie) de l’OCSGE est compatible avec les seuils du décret n°2023-1096 du 27/11/2023 dit « nomenclature ». À savoir des Unités minimales de collecte de :

  • 200 m² pour les zones bâties ;

  • 500 m² pour les objets situés dans la zone construite ;

  • 2500 m² pour les objets situés hors zone construite ;

  • Seuils de largeur : 5m pour les réseaux routiers et ferrés, 10m pour les autres couvertures du sol,20m pour l’usage sylvicole.

Nota : Le seuil de prise en compte des bâtiments va jusqu’à 50m². Les surfaces bâties isolées ayant une surface comprise entre 50 m² et 200 m² sont agrandies pour que leur surface soit égale à 200 m².

L’échelle d’utilisation peut aller jusqu’au 1 : 2500.

A quelle précision géométrique est l’OCSGE?

La précision géométrique peut aller d’1 mètre pour les zones bâties à 5 mètres pour les limites de forêt.

Existe-il une classe « Piscine » dans l’OCSGE ?

Non, pas de classe spécifique « Piscine » dans l’OCSGE. En revanche, cette classe existe bien dans le produit IGN CoSIA.

Seules les piscines ayant une surface supérieure à 500 m² (en zone construite) sont représentées dans l’OCSGE, ce qui est le cas pour certaines piscines municipales par exemple. Dans ce cadre, elles seront classées en tant que « surface d’eau » (CS 1.2.2) avec un usage tertiaire (US 5)

Comment se définit la zone construite ?

Il s’agit d’une couche additionnelle à la couche OCS GE déduite de cette dernière. Elle délimite les différents seuils de 500m2 et 2500m2 des spécifications de l’OCS-GE. La zone construite regroupe les zones bâties (« Zones bâties » CS1.1.1.1), quel que soit leur usage, auxquelles on adjoint des zones voisines d’usage « production secondaire, production tertiaire ou usage résidentiel » (US2 US3 et US5) et « réseaux de transport, logistique et infrastructure » (US4). 

Voir la documentation complète 
 

Le seuil de détection du bâti est de 50 m² et il est grossi à 200 m². Comment expliquer cette convention de mesure?

Concernant le grossissement de la représentation d’un bâtiment à 200 m², l’effet « grossissant » de l’artificialisation décomptée reste réduit car il ne concerne que des bâtiments qui seraient complètement isolés. L’établissement de conventions est le propre de tous les outils de mesure.

Le processus de généralisation des zones bâties est détaillé dans les prescriptions nationales du Conseil national de l'information géolocalisée (CNIG) (page 11 de la Version 1.1 datée de décembre 2014 ) :

  1. Agrégation des bâtiments à moins de 10m les uns des autres avec comblement de leurs décrochements de moins de 10m.

  2. Les surfaces bâties résultantes entre 50m² et 200m² sont gonflées à 200m².

  3. Agrégation des zones bâties situées à moins de 10m les unes des autres.

  4. Suppression des surfaces résultantes de moins de 50m².

  5. Dans la mesure où le seuil de 200 m² est spécifique aux zones bâties, tous les polygones inférieurs à 500 m², strictement inclus dans une zone bâtie sont affecté à la zone bâtie.

 

Une étude IGN réalisée sur les différents départements de l’ex région Midi-Pyrénées a permis de mesurer l’impact de ce processus sur la surface des zones bâties de l’OCS GE. Les résultats figurent ci-après (cf. carte). Elle montre que la généralisation des bâtiments de la BD TOPO entraine une légère augmentation des surfaces bâties. Plusieurs arguments permettent de relativiser la hausse observée : 

  • Les zones situées autour des bâtiments sont généralement fortement artificialisées (piétinement intense, présence de pavés, de dalles en béton de type terrasses, vérandas, abris…) sans pour autant être systématiquement prises en comptes dans l’OCS GE en raison de leurs petites superficies.
  • Le plus important dans l’OCS GE n’est pas la surface des zones bâties une année n mais l’évolution de cette surface entre 2 millésimes. Un biais systématique mineur n’est pas très gênant dans la mesure où il est constant.
  • Toute représentation cartographique, toute production d’OCS nécessite de généraliser à minima l’information pour la rendre lisible.
     

Bâtiments BDTopo

Zones bâties OCS GE

 

 

 

Mettre à disposition les données publiques et outils d’observation

Pour plus d’information, voir à partir de la page 32 du fascicule 1.

Données disponibles sur le portail

Quelles sont les données déjà disponibles?

Les données de consommation d’espaces, produites à partir des fichiers fonciers, sont disponibles avec un recul de plus de dix ans (1er janvier 2009 -> 1er janvier 2024 à ce jour) et produites chaque année. 

Les données d’artificialisation, produites à partir de l’OCSGE, sont disponibles pour la France entière en 2 millésimes depuis septembre 2025.
 

Les données de l’observatoire sont-elles téléchargeables?

 

Articulation avec les données locales

Est-il obligatoire d’utiliser les données diffusées par le portail national de l’artificialisation?

Non. La loi Climat et résilience définit les notions de consommation d'espaces naturels, agricoles et forestiers et d'artificialisation des sols, fixe une trajectoire nationale de réduction, et organise la mise à disposition d'outils de mesure et de suivi par l'Etat pour les collectivités, mais n'impose pas le recours à ces outils pour les collectivités territoriales. 

Les données nationales peuvent être complétées lorsqu’elles existent par des données locales, sous réserve : 

  • que ces dernières soient conformes aux définitions légales de la consommation d'espaces et de l'artificialisation nette des sols ;
  • et qu’elles permettent de disposer de données homogènes et cohérentes sur la décennie de référence de la loi (1er janvier 2011-1er janvier 2021) et sur la décennie en cours (1er janvier 2021-1er janvier 2031).

Il est possible pour les collectivités territoriales de réaliser des retraitements des données des fichiers fonciers, en cas d'erreur manifeste ou dans des cas particuliers. Pour la sécurité juridique des documents de planification et d’urbanisme, il est essentiel que la collectivité assure une cohérence entre les données utilisées pour le bilan (de la consommation d'espaces passée) et pour la projection (de la consommation d'espaces à venir), et qu’elle justifie les choix méthodologiques retenus. La sincérité du diagnostic et la transparence dans la production et le retraitement des données sont fondamentaux.

La loi Climat et résilience organisant une territorialisation "en cascade" de la trajectoire nationale de sobriété foncière, la cohérence entre l'outil de suivi utilisé au niveau régional (dans le SRADDET) et celui utilisé au niveau intercommunal ou communal est recommandé.

Voir en particulier les fascicules 1 et 2 relatifs à la mise en oeuvre de la réforme ZAN.

Comment articuler les données de consommation d’ENAF et d’artificialisation du portail national et celles produites par des observatoires locaux?

Depuis 2019, l’observatoire de l’artificialisation des sols rend accessible des données et des ressources.

Les outils et les sources de données locales et nationales sont complémentaires. Les données locales permettent d’affiner les données nationales en répondant aux besoins locaux. 

La transparence, l’explicitation des méthodologies et des modes de calcul, ainsi que des conventions de mesure sont essentielles afin d’assurer la compréhension des chiffres, leur interprétation et les comparaisons entre sources de données. 

Concernant les occupations des sols, le respect de la directive européenne INSPIRE de 2007, ou de standards comme celui du CNIG de 2014 permet d’harmoniser les sources de données et de faciliter leur comparabilité.

Un comité de coordination du CNIG permet de partager les expériences d’articulation entre données nationales OCSGE et données locales.
 

L’enrichissement de la nomenclature socle de l’OCS GE peut-il se faire?

L’enrichissement peut se faire au niveau local, une fois les données socles produites. 

En particulier, l’Occupation du Sol Interdépartementale (OCSID) d’OPEN IG, plateforme Occitanie Pyrénées en Intelligence Géomatique, est une OCS-GE enrichie qui permet de créer des données OCS locales caractérisant avec plus de finesse le sol que ne le fait l’OCS GE socle produite nationalement par l’IGN, tout en conservant la cohérence avec le référentiel national. L’actualisation de l’OCSID est ainsi facilitée par la production tri-annuelle de l’OCS GE et de l’orthophotographie IGN. 

En tant que plateforme régionale d’information géographique en Occitanie, OPenIG promeut l’OCSID comme une première phase de production de données OCS hybrides entre un référentiel national et un local à l’échelle régionale. Sa nomenclature est le dénominateur commun des territoires occitans imbriqué à l’OCS-GE, intermédiaire à partir duquel les acteurs locaux pourront créer des données OCS en cohérence avec le référentiel national.

Le poste « CS2 avec végétation » de la nomenclature OCS GE est ci-dessous ainsi enrichi :
 

Pourquoi les mesures de consommation ENAF fournies par le portail national de l’artificialisation diffèrent-elles des mesures fournies par les observatoires locaux?

Avec des méthodes et sources différentes, des écarts entre les chiffres sont inévitables, néanmoins les trajectoires sur plusieurs années (à la hausse, stables ou à la baisse) doivent être cohérentes.

Je constate une erreur sur le bilan 2011-2021 de ma commune, puis-je faire modifier par le CEREMA le chiffre de référence publié sur le portail national?

Non. La consommation d’ENAF au cours de la période de référence de la trajectoire nationale (du 1er janvier 2011 au 1er janvier 2021) a été calculée avec le millésime des fichiers fonciers au 1er janvier 2021 (243 136 hectares). Sa réduction de moitié constitue l’enveloppe nationale cible pour la décennie suivante (du 1er janvier 2021 au 1er janvier 2031) soit 121 568 hectares.

En cas d’erreur matérielle sur la période de référence 2011-2021, le CEREMA ne modifie pas les données. Les collectivités peuvent toutefois corriger elles-mêmes les données issues des fichiers fonciers. Voir fascicule 1 qui fournit notamment des exemples.

Les trajectoires de réduction de la consommation d’ENAF devront être respectées quel que soit l'outil de mesure, et l'analyse devra être réalisée avec sincérité et transparence (exposé des limites de l'outil et des biais méthodologiques le cas échéant), en s’assurant de la cohérence méthodologique entre les bilans de consommation passée et la consommation planifiée.

Je constate une erreur sur les données de suivi de la consommation d’ENAF depuis 2021 de ma commune, puis-je faire modifier par le CEREMA le chiffre publié sur le portail national?

Toute incohérence peut être signalée sur la boite contact du portail. Le CEREMA ne corrige pas les erreurs dans les fichiers fonciers fournis par la DGFIP.

Puis-je modifier moi-même les données de consommation d’ENAF issues des fichiers fonciers concernant mon territoire?

Les collectivités peuvent ainsi, par exemple, effectuer des retraitements des fichiers fonciers pour mieux faire correspondre ces données à la réalité de leur territoire. Elles peuvent également compléter les données du CEREMA par des données locales (MOS). Pour cela, elles peuvent élaborer des éléments de doctrine qui expliqueront comment cela leur aura permis de faire le bilan, dans leur document d’urbanisme, de leur consommation passée d'ENAF.

Ces choix de méthodologie doivent permettre à la fois d'établir des bilans de consommation passée, mais aussi être réutilisés de façon cohérente pour planifier la consommation d'ENAF du territoire, et pour en faire le bilan à échéances régulières. 

D’une manière générale, il est important pour la sécurité juridique des documents d’urbanisme et de planification, que ces choix méthodologiques se fassent dans une démarche de sincérité, de transparence, et de cohérence dans le temps et sur le territoire concerné. Dans les documents d’urbanisme, l’explicitation de la doctrine employée pour ces éventuels retraitements, ou pour l’élaboration d’un MOS local, est fortement conseillée pour contribuer à leur sécurité juridique.
 

 

Planifier

 

Le rapport local triennal de suivi de l’artificialisation des sols

Qui doit produire le rapport local triennal de suivi de l’artificialisation : les collectivités territoriales dotées d’un document d’urbanisme ou celles ayant la compétence urbanisme?

Le rapport triennal est à effectuer par la collectivité locale dotée d’un document d’urbanisme (PLU, PLUi, document en tenant lieu, ou carte communale) et sur le périmètre de ce dernier au moment de l’établissement du rapport triennal. En effet l’article L. 2231-1 du code général des collectivités territoriales (CGCT) fait référence aux collectivités locales dotées d'un document d'urbanisme, et non à celles ayant la compétence urbanisme.

Le rapport triennal ne concerne pas les périmètres des SCoT.

Les communes au règlement national d’urbanisme (RNU) doivent-elles également produire un rapport local triennal?

En l'absence de document d'urbanisme en vigueur, la commune est au règlement national d’urbanisme (RNU) et c'est aux services de l’Etat (DDT) de réaliser le rapport triennal (Circulaire n° 6323-SG du 7 janvier 2022 relative à la mise en œuvre opérationnelle de la loi « Climat et Résilience » en matière de lutte contre l’artificialisation des sols).

Contrairement aux rapports triennaux locaux réalisés par les collectivités locales dotées d'un document d'urbanisme qui doivent faire l'objet d'une présentation au conseil municipal ou à l'assemblée délibérante, le rapport réalisé par les services de l'Etat pour le compte des communes au RNU est simplement communiqué par les services de l'Etat aux collectivités locales concernées. Étant entendu que toute commune au RNU reste libre d'organiser ou non un débat en conseil municipal et de prendre ou non une délibération, qui est ensuite transmise au préfet ; et même d'établir elle-même un rapport, même si la loi ne l'y oblige pas. Cela reste de sa compétence.

Existe-t-il une aide à la réalisation des rapports locaux triennaux ?

La start up d'Etat Mon Diagnostic Artificialisation propose une trame de rapport triennal local disponible gratuitement. Il s'agit d'une aide à la préparation du rapport pour les collectivités locales ainsi que les services de l'Etat (cas des communes régies par le règlement national d'urbanisme). 

Par ailleurs, MonDiagnosticArtificialisation a mis en place une fonctionnalité permettant de générer automatiquement et massivement les rapports triennaux des communes au RNU. Il est possible dans le moteur de recherche du site de filtrer les communes au RNU (sur la base des dernières données disponibles).

Quelle différence entre le rapport local triennal et le bilan de consommation d'ENAF dans le cadre des PLU(i)?

Le rapport triennal est une démarche distincte de l'élaboration et de l’évolution des documents d'urbanisme. Comme indiqué dans le fascicule ZAN n°2 p. 37, il a vocation à inciter les collectivités locales à dresser un état des lieux de l'artificialisation des sols et à rendre publique des données tous les trois ans. Cette disposition législative répond au souhait de la convention citoyenne pour le climat de renforcer le suivi du respect des objectifs de limitation de l’artificialisation des sols (proposition SL3.10). Sans mettre en place un contrôle coercitif, le législateur a préféré inciter les collectivités territoriales à dresser un état des lieux de l’artificialisation des sols et à rendre publiques des données tous les trois ans.

Il convient de noter qu’aucune sanction n’est prévue si le rapport n’est pas produit. Il n’y a pas de lien juridique entre ce rapport et le document d’urbanisme. L’objectif n’est pas de sanctionner, ni même de contrôler si l’envoi des données et du rapport ont été effectués.     

Les bilans de consommation d'ENAF dans le cadre de l'élaboration et de l'évolution des PLU(i) (article L. 151-4 du code de l’urbanisme) et les rapports triennaux (article L. 2231-1 du code général des collectivités territoriales) sont donc bien deux documents distincts. Il reste toutefois possible pour le bilan à 6 ans du PLU à compter de son approbation d’inclure le rapport relatif à l'artificialisation des sols, mentionné à l'article L. 2231-1 du CGCT, selon les dispositions du dernier alinéa de l'article L. 153-27 du code de l’urbanisme.

Sur quelle période le rapport local triennal doit-il porter?

C’est le rapport qui est triennal, et non la période à couvrir par le rapport. Il faut que le rapport soit produit a minima tous les 3 ans. Il est donc possible pour une collectivité locale qui le souhaite, de produire un rapport, par exemple tous les ans ou tous les 2 ans.

La période à couvrir n'est pas précisée dans les textes. La trame de rapport local triennal proposée par MonDiagnosticArtificialisation, mise en ligne en 2024, est basée sur les chiffres nationaux de référence de la consommation d'espaces naturels, agricoles et forestiers selon les fichiers fonciers du 1er janvier 2011 au 1er janvier 2023.

Le rapport local triennal permet ainsi d'apprécier la trajectoire du territoire concerné à la fois sur la période de référence de la loi (du 1er janvier 2011 au 1er janvier 2021) et sur les deux premières années (2021 et 2022) de la décennie en cours pour laquelle la loi a fixé un objectif national de réduction de moitié de la consommation d'espaces (du 1er janvier 2021 au 1er janvier 2031).

Il n'est pas demandé d'inventer des données non encore disponibles : pour le rapport triennal à produire en 2024 il est possible d'utiliser les fichiers fonciers au 1er janvier 2023, couvrant la consommation d'ENAF au titre de l'année 2022. 
 

Quel volume ce rapport local triennal doit-il faire?

Aucun texte législatif ou réglementaire ne fixe le nombre de pages du rapport local triennal, ni minimal, ni maximal. Une trame de rapport local triennal est fournie sur Mon Diagnostic Artificialisation. En particulier, les commentaires à fournir pour expliquer les évolutions observées dans la consommation d’ENAF sur le territoire et la période couverts par le rapport sont à adapter en fonction des enjeux.

 

Recul du trait de côte et ZAN

Quelles sont les conséquences de l’inscription des communes au décret-liste national relatif au recul du trait de côte (article L. 321-15 du code de l’environnement) et quel est le lien avec le ZAN?

La loi Climat et résilience contient plusieurs articles qui visent à inciter les territoires littoraux à adapter leur politique d’aménagement au recul du trait de côte et à l’érosion, accélérées par le changement climatique.

Elle a notamment créé un article L. 321-15 du code de l’environnement pour permettre à des communes  volontaires « dont l'action en matière d'urbanisme et la politique d'aménagement doivent être adaptées aux  phénomènes hydrosédimentaires entraînant l'érosion du littoral » de demander leur inscription sur un décret-liste.

Cette inscription emporte :

  1. des obligations: réaliser une cartographie d'évolution du trait de côte à court terme (0-30 ans) et long terme (30-100 ans). Cette cartographie constituera le socle des nouvelles mesures qui visent les biens existants dans les zones exposées au recul du trait de côte, ainsi que les constructions autorisées dans la zone exposée à long terme;
  2. une "boîte à outils" en contrepartie des obligations :
  • Mécanisme de « garantie trait de côte » au titre du ZAN, dans l’exercice de territorialisation des schémas régionaux ;
  • Possibilité, par anticipation, de comptabiliser la renaturation des sites atteints par le recul du trait de côte, afin de faciliter la relocalisation des installations et des activités affectées, dans le contexte de mise en œuvre du ZAN ;
  • Droit de préemption au titre du recul du trait de côte  ;
  • Méthode d’évaluation des biens exposés au recul du trait de côte  ;
  • Bail réel d'adaptation à l'érosion côtière (BRAEC) ;
  • Dérogations à la loi littorale et accès à des financements de l’Etat si le projet se réalise dans le cadre d’un projet partenarial d’aménagement (PPA).

La loi n° 2023-630 du 20 juillet 2023 a apporté des adaptations à la loi Climat et résilience notamment pour mieux articuler ZAN et recul du trait de côte en particulier pour les communes figurant sur le décret-liste (article L. 321-15 du code de l’environnement) :

  • Les schémas régionaux (SRADDET, SDRIF, SAR, PADDUC) doivent réserver une enveloppe de consommation d’ENAF pour permettre les projets de relocalisations liées au recul du trait de côte des communes inscrites sur le décret-liste. La notion de déclinaison territoriale « proportionnée » (art R4251-8-1 CGCT) dans l’obligation faite aux SRADDET de favoriser les projets de recomposition spatiale des communes du décret-liste national, signifie qu’il n’y a pas d’équivalence surfacique stricte à re-chercher. En revanche, il convient de raisonner en fonction des besoins du programme et de l’aménagement du territoire ;
  • ces collectivités ont la possibilité, dans le cadre de leurs documents de planification et d’urbanisme, de comptabiliser par anticipation les surfaces renaturées au titre de leurs actions de recomposition littorale. L'article L. 321-15-1 du code de l'environnement dispose en effet que "Pour l'atteinte de ces objectifs, les surfaces artificialisées situées dans une zone exposée au recul du trait de côte délimitée en application du 1° de l'article L. 121-22-2 du code de l'urbanisme peuvent être considérées comme désartificialisées, au sens de l'article L. 101-2-1 du même code, dès lors que ces surfaces ont vocation à être renaturées dans le cadre d'un projet de recomposition spatiale du territoire littoral. Au terme de chaque tranche de dix années, les surfaces n'ayant pas fait l'objet d'une renaturation sont de nouveau considérées comme artificialisées.".

A noter que toutes les communes (inscrites au décret-liste ou non) ont à leur disposition des outils dans les SCoT et PLU pour articuler ZAN et recul du trait de côte, notamment : 

  1. étude de densification obligatoire dans les PLU(i) avant toute nouvelle ouverture à l’urbanisation ;
  2. orientations d’aménagement et de programmation (OAP) du PLU(i) doivent définir un échéancier prévisionnel d’ouverture à l’urbanisation (possible au-delà de 2031);
  3. possibilité de prévoir:
  • Des emplacements réservés pour la relocalisation;
  • Des projets d’intérêt intercommunal;
  • Des zones préférentielles de renaturation…
     

L’objectif ZAN s’applique-t-il à un projet de relocalisation d’une infrastructure menacée par l’érosion du littoral?

Non, car l’objectif de zéro artificialisation nette ne s’applique pas directement aux projets.

Les objectifs de sobriété foncière fixés par la loi Climat et résilience sont déclinés et évalués au niveau des  documents de planification régionale et d’urbanisme, par les collectivités ou leurs groupements. L’évaluation des flux de consommation/artificialisation et renaturation se fait au regard de ces objectifs, et non projet par projet. Ils ne s’appliquent pas à l’échelle des projets. Ils ne leur sont pas directement opposables, notamment au stade des autorisations d’urbanisme.

Ainsi concrètement, une infrastructure menacée par l’érosion du littoral (camping, bâtiment, ZAE…) peut être relocalisée sur une surface identique, inférieure ou supérieure à sa surface actuelle, sur la même commune ou non, quel que soit l’usage projeté pour l’ancien site, une renaturation (partielle ou totale) pouvant intervenir rapidement ou non.