Parution des données de consommation d'espaces naturels agricoles et forestiers 2011-2025

Les données de consommation d'espaces naturels agricoles et forestiers fournies par l'observatoire de l'artificialisation ont été mises à jour en juin 2026. Retrouvez ci-dessous les premiers éléments d'analyse de ces chiffres qui couvrent la période du 1er janvier 2011 au 1er janvier 2025.

Une consommation d’ENAF à la baisse, à confirmer dans la durée

La consommation d'ENAF est tendanciellement en baisse au niveau national depuis 2011. L'année 2024 constitue le niveau calculé le plus bas jamais atteint depuis 2011 avec 15 119 ha d'ENAF consommés sur le territoire national.

histogramme consommation ENAF 2011-2025

les données de consommation d’ENAF sont calculées à partir du changement de qualification fiscale du terrain, qui intervient lors du commencement de travaux. Il existe un décalage temporel de plusieurs années entre la décision d’aménager et la réalisation effective des logements et activités, après viabilisation des terrains.
Comme lors de chaque mise à jour annuelle, les données de l'année la plus récente sont provisoires et sont susceptibles d'être révisées lors de la réalisation des millésimes ultérieurs.

Toutes les communes sont concernées

Le rythme moyen annuel de la consommation d’ENAF d’une commune française est passé de 0,65 ha/an sur la période 2011-2021 à 0,52 ha/an sur la période 2021-2025. Cette moyenne communale, en baisse sur la première décennie d’application, cache une grande diversité dans la répartition territoriale de la consommation d’ENAF. En effet, la consommation d’ENAF nationale est due à la fois à un très grand nombre de communes qui ont consommé relativement peu d’ENAF depuis 2011 et à un petit nombre de communes qui ont consommé beaucoup d’ENAF depuis 2011.

  • Sur la période 2011-2021, près de 3% des communes ont consommé moins de 2500 m2 par an et près de 10% ont consommé plus de 2 ha par an.
  • Sur la période 2021-2025, près de 14% des communes ont consommé moins de 2500 m2 par an et moins de 8% ont consommé plus de 2 ha par an.
  • Le phénomène reste très concentré sur toute la période 2011-2025 : 30% des communes ont contribué à 80% de la consommation ENAF nationale et ont consommé en moyenne 1.64 ha/an chacune depuis 2011.
  • La contribution à la consommation d'espaces nationale des communes où la tension immobilière est faible (en zone C au sens du zonage ABC au 1er septembre 2025 ) a représenté 58 % sur la période 2011-2021 (62% de la consommation à usage d'habitat) et 60% sur la période 2021-2025 (63% de la consommation à usage d'habitat).
histogramme selon typologie des communes

Une répartition territoriale hétérogène selon le caractère urbain ou rural d'une commune

Les communes rurales contribuent à 65% de la consommation d'ENAF nationale sur 2011-2021 et 68% sur 2021-2025, pour une part de la population 2022 de 37%.

Le caractère rural ou urbain d’une commune peut s’évaluer à l’aide de la grille de densité des communes. Produite par l’INSEE, la grille distingue 7 niveaux de densité.

Précautions d’utilisation

En 2026, le dispositif de production et de diffusion des données nationales de consommation ENAF se renforce pour répondre à une évolution des usages. La méthode de calcul mise en place en 2019 reste basée sur l’exploitation des fichiers fonciers, mais comporte désormais des ajustements en fin de chaîne de traitement. Ces ajustements sont :

  • La neutralisation des consommations détectées sur des parcelles construites avant 2011 (rattrapages fiscaux), encore déclarées agricoles, de moins de 50 m², contenant des installations photovoltaïques au sol ou agrivoltaïques exemptées du décompte.
  • L'affectation de l'année de consommation effective en exploitant l’année de construction du local le plus ancien lors de rattrapages fiscaux et la date de sortie de la déclaration des parcelles déclarées dans le Référentiel Parcellaire graphique (dans le cadre de la Politique Agricole Commune).
  • Un contrôle manuel par analyse de photographies aériennes des consommations de plus de 5 ha (contre 10 ha auparavant).


Ces traitements sont appliqués sur toute la période depuis 2011 et renforcent la qualité tout en préservant les séries statistiques, ce qui modifie à la marge les résultats diffusés les années antérieures. Les données de la période 2011-2025 remplacent ainsi l’intégralité des données de la période 2011-2024 calculées l’année précédente.

Ces traitements présentent toutefois une limitation méthodologique pour la dernière année d'observation : cette dernière année ne bénéficie pas encore des reports de consommations des années suivantes, ce qui conduit pour le moment à une sous-estimation temporaire. 

Il faut généralement attendre 3 ans pour que les estimations des dernières années se stabilisent définitivement. Ainsi, comme lors de chaque mise à jour annuelle, les données de l'année la plus récente restent provisoires et sont susceptibles d'être révisées lors des millésimes ultérieurs.

Pour en savoir plus sur les données, leur contenu et leurs limites, vous pouvez consulter la FAQ, la méthode de production des données, ainsi que les définitions et limites associées.

Des données disponibles gratuitement en open-data

Le Cerema produit les données de consommation d’espaces pour le compte des ministères en charge du logement, de l’écologie et de l’agriculture. Elles sont disponibles en accès libre, à une maille communale et à un rythme annuel. Ces données sont mises à jour chaque année, et la mise à jour est diffusée au premier semestre.

Elles sont accompagnées d’un visualiseur cartographique, ainsi que d’un tableau de bord.

Une donnée infracommunale désormais accessible aux ayants droit

À partir de 2026, le dispositif de diffusion des données de consommation d'ENAF franchit une nouvelle étape. Les données à l'échelle parcellaire sont désormais accessibles gratuitement aux ayants droit en téléchargement via le portail Datafoncier du Cerema, et peuvent également être consultées directement dans l'application Urbansimul, qui permet le croisement de nombreuses sources de données foncières pour les rendre facilement interprétables sous une forme de cartographie